Mise à jour le 12 décembre 2025
Si votre chien a souffert ou souffre de pancréatite chronique, vous connaissez l’angoisse de chaque repas. L’alimentation devient un terrain miné où le moindre écart de gras peut conduire à une rechute douloureuse.

L’un des aspects les plus tristes pour les propriétaires de chiens atteints de pancréatite est souvent de penser qu’ils doivent bannir définitivement les récompenses. Bonne nouvelle : c’est faux. Bien qu’il soit vital d’éliminer les aliments riches, votre chien n’est pas condamné à une vie sans plaisirs gustatifs. Il faut simplement réapprendre ce qu’est une « friandise » adaptée à son état.
Nous allons explorer ensemble les options sûres (maison et commerce), mais d’abord, un rappel essentiel pour comprendre le « pourquoi » de ces restrictions.
Comprendre l’ennemi : Pourquoi le gras est-il interdit pour les chiens atteints de pancréatite ?
La pancréatite est une inflammation du pancréas. Pour faire simple, le pancréas exocrine produit des enzymes digestives puissantes censées s’activer uniquement une fois arrivées dans l’intestin pour digérer les aliments (notamment les graisses).
Lors d’une pancréatite, ces enzymes s’activent trop tôt, à l’intérieur même du pancréas. Résultat : l’organe commence littéralement à se digérer lui-même. C’est extrêmement douloureux et potentiellement mortel.
Le déclencheur numéro 1 ? Le gras. L’ingestion de graisses stimule massivement la production de ces enzymes. Donner un morceau de fromage ou du gras de jambon à un chien sensible, c’est comme jeter de l’huile sur un feu. C’est pourquoi le régime « Low Fat » (faible en graisses) n’est pas une option, c’est une obligation médicale.
La règle d’or : Comment choisir une friandise ?
Avant de parler recettes, parlons étiquettes. Si vous achetez des friandises dans le commerce, vous devez devenir un détective.
- Visez moins de 10% de matières grasses (Fat) : Idéalement, cherchez des produits entre 2% et 5% de matières grasses brutes.
- Liste d’ingrédients courte : Moins il y a d’ingrédients, moins il y a de risque d’intolérance cachée.
- Évitez les pièges : Fuyez les oreilles de porc, le fromage, les peaux de buffle graissées ou les biscuits au beurre de cacahuète standard.
1. Les options naturelles : Le rayon fruits et légumes
C’est l’option la plus sûre et la plus économique. Beaucoup de légumes apportent du croquant (que les chiens adorent) sans les calories ni les lipides.
Les champions de la sécurité :
- La courge et le potiron (cuits) : Excellents pour la digestion et très pauvres en gras.
- Les haricots verts : Parfaits pour les chiens en surpoids, ils remplissent l’estomac sans risque.
- La patate douce : Une excellente alternative, mais à donner avec modération car calorique.
- Le concombre et la courgette : Gorgés d’eau, parfaits en été.
Les fruits (avec modération car sucrés) :
- Myrtilles et framboises : Riches en antioxydants.
- Pomme (sans pépins) et Pastèque.
⚠️ Rappel toxique : Jamais de raisins (frais ou secs), d’avocat, de noix de macadamia ou d’aliments contenant du Xylitol.
2. Les friandises du commerce : Que peut-on acheter ?
Si vous n’avez pas le temps de cuisiner, l’industrie vétérinaire a fait des progrès.
- Les gammes « Gastrointestinal Low Fat » : La plupart des grandes marques vétérinaires (Royal Canin, Hill’s) proposent désormais des biscuits formulés spécifiquement pour accompagner leurs croquettes médicalisées. C’est l’option « zéro risque ».
- Les viandes séchées (Jerky) mono-ingrédient : Attention ! Regardez bien l’emballage. Un blanc de poulet séché pur est souvent très maigre (environ 3-5% de gras), alors qu’un canard ou un bœuf séché sera trop riche. Privilégiez la poitrine de poulet ou de dinde séchée 100% naturelle.
3. Quatre idées recettes « spécial pancréas sensible »
Voici comment transformer des ingrédients simples en récompenses de haute valeur, sans risquer la crise.
A. Les chips de patate douce (Le substitut des oreilles de porc)
La texture un peu coriace de la patate douce séchée permet de satisfaire le besoin de mastication du chien.
- Préparation : Coupez une patate douce (pelée) en tranches fines ou en lamelles épaisses (selon la taille du chien).
- Cuisson : Au four à 120°C pendant 2 à 3 heures (ou au déshydrateur).
- Le secret : Surtout, n’ajoutez aucune huile avant la cuisson.
B. Le « cube glacé » apaisant
Idéal si votre chien a aussi l’estomac un peu barbouillé.
- Ingrédients : Bouillon de poulet maison (l’eau de cuisson de vos blancs de poulet, sans sel et dégraissée : laissez-la refroidir au frigo et enlevez la couche de gras figée sur le dessus).
- Action : Versez dans un bac à glaçons. Ajoutez une myrtille ou un dé de carotte cuite au centre. Congelez.
C. Les biscuits thon & avoine (pauvres en gras)
Le thon au naturel est très maigre et très odorant (ce qui motive le chien).
- Ingrédients : 1 boîte de thon au naturel (égoutté), 1 blanc d’œuf, une tasse de farine d’avoine ou de riz (plus digeste que le blé), un peu d’eau.
- Préparation : Mélangez pour obtenir une pâte, étalez, découpez à l’emporte-pièce.
- Cuisson : 15-20 min à 180°C jusqu’à ce qu’ils soient croquants.
D. Le Kong « safe »
Remplir un jouet Kong est souvent synonyme de beurre de cacahuète ou de pâtée trop riche en gras. Pour un chien atteint de pancréatite, remplacez cela par :
- De la pâtée médicalisée « Low Fat ».
- Ou de la courge cuite écrasée mélangée à un peu de blanc de poulet émietté.
Le mot de la fin : La transition
N’oubliez jamais que pour un chien sensible, la nouveauté est un stress pour le système digestif. Même si une friandise est « sûre » sur le papier, introduisez-la en quantité minuscule la première fois.
Si votre chien vient tout juste de sortir d’une hospitalisation pour pancréatite aiguë, attendez le feu vert de votre vétérinaire avant de réintroduire quoi que ce soit d’autre que son alimentation médicale stricte. La patience est la clé de la guérison du pancréas.