Quels médicaments d’urgence pour le chien ?

Préférez les médicaments à usage vétérinaire, lorsqu’ils existent. À défaut, il arrive que l’on se tourne vers des médicaments pour les humains, mais toujours sous contrôle vétérinaire. En effet, certains peuvent s’avérer toxiques, voire mortels pour nos animaux.

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La première cause d’intoxication chez le chien n’est pas l’empoisonnement, mais l’absorption de médicaments à usage humain, par exemple parce qu’ils traînaient sur une table et que le chien les a volés.

Heureusement, toutes les intoxications ne sont pas graves, si votre chien avale une plaquette de pilules contraceptives, il se sentira probablement un peu nauséeux, mais s’en remettra bien vite, même si c’est un mâle. S’il tombe sur un seul anxiolytique, il en sera quitte pour un gros somme.

Ne pensez pas qu’il ne touchera pas à vos médicaments sous prétexte qu’ils ont mauvais goût : jouez plutôt la prudence et rangez-les dans une armoire fermée à clé (une sécurité pour vos enfants aussi).

Les médicaments qui sont toxiques pour l’animal

Les antalgiques peuvent faire de gros dégâts, à l’exception d’un seul (pour le chien) : le meloxicam, un anti-inflammatoire assez peu connu du grand public.

Un simple comprimé de paracétamol (Doliprane, Efferalgan, etc.) peut ainsi provoquer une insuffisance hépatique grave, voire mortelle, chez le chat.

En outre, il n’y a aucune correspondance au niveau des posologies : bien souvent, on croit à tort que ce qu’un nouveau-né humain de
3,5 kilos peut tolérer est accepté par l’organisme de son animal de compagnie d’un poids identique.

Il ne faut jamais donner d’antalgique à un chat ou un chien sans consulter au préalable son vétérinaire. Et si vous surprenez votre animal en « flagrant délit » d’intoxication, essayez de le faire vomir tout de suite, en lui donnant un mélange d’une cuillerée à soupe de sel de table et d’une cuillerée à soupe de moutarde. Faites-le uniquement s’il vient d’avaler les comprimés sous vos yeux. Car si vous trouvez votre animal en mauvais état, l’emballage vide traînant dans la pièce, ne tentez rien (vous ne savez pas à quand remonte l’intoxication), mais appelez d’urgence le vétérinaire pour le prévenir de votre arrivée.

Les médicaments qui sont communs à l’homme et à l’animal

La plupart des « médicaments » dits homéopathiques destinés à l’homme peuvent convenir à l’animal, puisqu’il s’agit de traitements imaginaires hautement dilués qui en réalité sont complètement inefficaces. Ils n’ont pas plus d’effets qu’un morceau de sucre !

Certains traitements locaux comme les antiseptiques (bétadine cutané ou Diaseptyl, etc.) pour désinfecter une plaie peuvent être utilisés.

D’autres molécules sont communes à l’homme et à l’animal, mais à des posologies différentes : c’est notamment le cas du Lévothyrox, utilisé en cas d’hypothyroïdie.

Comparativement aux doses administrées chez l’homme, celles délivrées à un chien hypothyroïdien sont bien plus importantes, une fois rapportées à son poids.

De nombreux antibiotiques, notamment ceux appartenant à la classe des pénicillines, sont également communs aux humains, aux chiens et aux chats. Cependant, il ne faut pas se fier aux posologies délivrées chez le nourrisson, mais bien se renseigner auprès de son vétérinaire.

Il en va de même avec certains antidiarrhéiques comme le lopéramide et certains antispasmodiques (phloroglucinol).

Enfin, le vétérinaire n’a parfois pas d’autre choix que de recourir à un médicament à usage humain, car il n’existe aucun équivalent vétérinaire : c’est le cas en cancérologie et il doit alors adapter les posologies au cas par cas.

Pas d’échange de médicaments entre chiens et chats

Même si un chien de petite taille pèse le même poids qu’un chat, utiliser le traitement de l’un pour l’autre n’est pas nécessairement une bonne idée.

À de rares exceptions près (comme l’acide tolfénamique), les antalgiques pour chiens donnés par voie orale sont généralement toxiques pour les chats. De plus, les posologies des uns et des autres ne correspondent pas forcément.

Si vous avez un chien et un chat à la maison, pensez à bien séparer leurs traitements pour éviter toute confusion.

Quels anti-inflammatoires ?

Les anti-inflammatoires à destination humaine sont très souvent utilisés par les propriétaires en cas de « petits bobos » de leur animal. Attention, ils peuvent s’avérer très toxiques voir mortels.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont des molécules d’usage quotidien, tant en médecine humaine que vétérinaire. Ils sont utilisés pour leurs propriétés anti-inflammatoires, mais aussi antalgiques et antipyrétiques.

Les molécules les plus couramment rencontrées sont l’acide acétylsalicylique ou aspirine (Aspégic®), l’ibuprofène (Advil®, Nurofen®, Motricit®), le diclofénac, le méloxicam (Métacam®), le firocoxib (Previcox®) ou encore l’acide tolfénamique (Tolfédine®).

Principaux risques de toxicité : ulcères gastriques, insuffisance rénale, diarrhées hémorragiques, vomissements…

Pour plus de sécurité, utilisez des anti-inflammatoires à usage vétérinaire.

Ibuprofène :

  • 20 mg/kg/j : dose thérapeutique chez le chien.
  • ≥ 100 mg/kg/j : toxicité digestive chez le chien.
  • ≥ 250 mg/kg/j : toxicité rénale chez le chien.
  • ≥ 300 mg/kg/j : pronostic réservé chez le chien.

Aspirine :

  • 20 mg/kg/j : dose thérapeutique chez le chat.
  • 100 mg/kg/j : dose toxique chez le chat, et thérapeutique chez le chien.

Urgences vétérinaires

ENVA
École vétérinaire de Maisons-Alfort
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