Les questions à se poser avant d’acheter ou d’adopter un chien

Un test, élaboré au début des années 2000 par le laboratoire TVM devrait se trouver en bonne place en tous lieux où des chiots quittent celui ou celle qui les a fait naître pour rejoindre leur famille d’adoption.

Quoique simple, il a au moins le mérite de poser les questions de base qui doivent être un préalable à toute adoption. Néanmoins, il en est une qui doit également se poser : à savoir le choix de telle ou telle race. Il est important pour le devenir du chien et de ses nouveaux maîtres, de s’assurer de la compatibilité entre la race choisie, la famille d’accueil et son style de vie…

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Avez-vous choisi la bonne race ? Quand on voit un Husky sur un balcon de 3 mètres sur 2, il y a de quoi se poser la question ! Il est des races qui ont besoin de conditions spécifiques. À défaut, l’harmonie entre le chien et sa famille ne pourra s’installer. La mode a sa part de responsabilité, mais pas seulement.

Chaque diffusion du film « Les 101 dalmatiens », par exemple, voit une augmentation des demandes. Et bien sûr, elles sont pourvues, avec pour corollaire, un afflux de Dalmatiens dans les SPA…

Bien souvent, le « vendeur » enjolive plutôt le tableau au lieu de s’assurer que les conditions adéquates sont réunies pour que tout se passe pour le mieux dans la durée. Un chiot ne reste que peu de temps cette adorable boule de poil, devant laquelle tout le monde craque. Il grandit et devient adulte si rapidement que nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à suivre et se retrouvent avec un chien quasi « inadapté social ».

Le prix, l’éternelle question

Un chien, c’est comme une voiture, il y a l’achat, mais aussi l’entretien, l’assurance… et une multitude de dépenses à venir.

Toute personne qui a acheté un chiot a pu constater que pour une race donnée, les prix varient dans de grandes proportions. Et pourquoi n’en serait-il pas ainsi ? Les paramètres de détermination du prix de vente d’un chiot par celui qui le cède sont nombreux.

Le statut : éleveur professionnel tant par l’organisation que par les connaissances, les installations, le temps passé… jusqu’au particulier qui fait une portée au fond du garage pour payer ses impôts, on constate une multiplicité telle qu’il est bien difficile pour le néophyte de s’y retrouver.

On trouve aussi des professionnels qui fonctionnent comme s’ils élevaient des animaux de rente ; avec la productivité et la rentabilité comme seul impératif au détriment des conditions de vie de leurs chiens. Qui n’a pas rencontré lors de ses recherches ce genre de « camp de concentration canin » ?

Voilà déjà un paramètre qui peut justifier une différence de prix ! Entre celui qui élève et celui qui produit, entre celui qui vit avec et veille à leurs conditions de vie, afin de permettre un développement adéquat, et celui qui attend impatiemment qu’ils aient les 8 semaines requises par la loi pour les céder…

Quand on connaît les débuts de la vie du chien, l’importance des conditions de vie des parents du chiot, et par voie de conséquence l’investissement que cela implique pour l’éleveur, en temps, en moyens financiers… on imagine très bien que le chiot ne part pas avec les mêmes acquis et le même potentiel pour sa vie future dans ces deux cas.

Puis, le chiot acheté, il faudra le nourrir qualitativement pour lui assurer la meilleure croissance possible, le vacciner et le vermifuger en temps utile. C’est un budget auquel il faut penser et dont l’éleveur ne doit pas minimiser l’importance. D’ailleurs, n’est-il pas censé en savoir quelque chose ? Mais rapporté à la durée de vie du chien et au plaisir de vivre avec lui, c’est un investissement minime. Devrais-je priver mes chiens et mes chiots de bien être pour vendre ces derniers moins chers ?

J’ai déjà eu un chien

Lors d’une adoption, bien des cas peuvent se présenter et c’est parfois là que le vendeur doit refuser de céder un chiot.

Mais, savons-nous toujours la vérité, toute la vérité ? Bien évidemment, un chien n’est jamais remplacé par le suivant, chacun d’eux est unique, surtout après de nombreuses années passées ensemble.

Si tout s’est bien passé avec celui qui a disparu, c’est le début d’une nouvelle histoire, un nouveau parcours de vie ensemble à venir.

Mais rares sont ceux qui se souviennent de leurs débuts de cohabitation avec celui qui a disparu !

De même, l’adaptation au style de vie du maître qui s’était instaurée est souvent considérée comme une preuve que tout allait bien.

Mais on peut aussi voir dans l’arrivée du chiot, un moyen d’examiner son rapport avec ce compagnon, ce que font rarement les propriétaires de chien lorsqu’arrive le moment où ils le perdent et songent à en reprendre un autre.

« Il restait seul la journée, mais tout allait bien… » entend-on parfois… un prisonnier finit lui aussi par s’habituer, mais cela ne rend pas la chose plus agréable pour autant et cela ne reste pas sans séquelles, problèmes comportementaux entre autres.

Que tout se soit bien passé auparavant ne dispense donc pas le vendeur d’essayer de collecter le maximum d’informations afin de déterminer si le projet de vie du chiot dans cette nouvelle famille est viable à long terme. Adopter un chiot ou un chien, c’est un « bail » pour 10 ans, 15 ans, voir davantage, et il faut mettre tous les atouts de son côté pour le chiot et pour la famille qui l’accueille.

Quelle que soit la situation antérieure, ce sera un nouveau départ pour la famille avec un membre de plus.

Bien évidemment, si le précédent a été abandonné, à de très rares exceptions près, il sera plus prudent de refuser de céder un chiot dans l’immédiat.

Pour un acheteur, ce doit être une décision réfléchie qui implique la famille entière et non pas un caprice sans lendemain.

Les vacances, les absences

En réalité, ce n’est pas vraiment un problème, car de nombreuses solutions existent. Un chien bien éduqué et bien sociabilisé facilitera grandement les choses. Si ce n’est un membre de la famille, un ami, l’éleveur d’où il vient… bien des solutions existent, à condition de ne pas s’y prendre la veille.

Les raisons de l’achat

C’est certainement le point le plus important. En effet, il détermine en grande partie les relations qui s’instaureront entre le chiot arrivant dans sa nouvelle famille et son devenir.

Un chien ne saurait être un substitut affectif destiné à combler un manque. Il ne saurait pas davantage être un faire-valoir ou un garde du corps. Tout anthropomorphisme, quel qu’il soit, ne peut conduire qu’à un échec.

Un chien n’est pas « équipé » pour fonctionner autrement que comme un chien, avec ses impératifs : la hiérarchie, le territoire notamment. Et un chien n’est le dominant dans une famille que si celle-ci accepte d’être dominée.

Avec une bonne compréhension des mécanismes de fonctionnement d’un chien, l’aide de l’éleveur et de ses conseils, les choses se mettent en place progressivement et en douceur.

Il est également nécessaire que tous les membres de la famille soient d’accord pour mettre en place la même éducation et suivent les mêmes préceptes.

Le chien perçoit très rapidement la structure hiérarchique de la maisonnée et il est dans sa nature d’essayer de « prendre du galon ». C’est là qu’il faut lui faire comprendre qu’il est le dominé et que c’est sans discussion possible.

Qui achète le chien ?

Un chiot ne s’achète ni ne se vend comme un produit. C’est un être vivant qui va intégrer une nouvelle famille et tous doivent être au diapason. Le chien est un être grégaire qui a besoin d’une meute : sa famille.

Ainsi, que ce soit l’un ou l’autre qui ait payé n’intervient en rien dans ce qu’il deviendra.

Si consensus est trouvé sur une cohérence éducative qui implique tous les membres de la famille, l’adoption se passera bien. Que ce soit un cadeau n’est qu’un épiphénomène sans aucun lien avec le vécu quotidien.

Le chiot arrive dans une famille-meute et le reste n’a aucune incidence pour ce qui le concerne, et ne doit pas en avoir pour la famille.

Quant au fait d’acheter un chiot pour l’offrir à quelqu’un, à de très rares exceptions près cela ne se conçoit pas pour qui s’intéresse au devenir du chiot qu’il vend, à moins d’avoir un contact avec le destinataire.

Ce sont des considérations humaines sans rapport avec l’adaptation du chiot à sa nouvelle famille.

De la disponibilité

Le chien n’est pas équipé pour vivre seul. C’est un animal grégaire qui a besoin de sa meute pour vivre normalement.

Sa meute, c’est sa famille. Quoiqu’il doive, arrivé à un certain âge faire son « détachement » d’adulte, il a néanmoins besoin de savoir qu’il appartient à une meute. Quand bien même sa meute n’est composée que d’une seule personne, il lui est nécessaire d’y être intégré. Et cela suppose du temps pour les promenades et pour partager des moments de vie avec lui.

Un chien est un être vivant avec des besoins spécifiques, différents des nôtres, mais qui lui sont tout autant nécessaires et vitaux. Inutile d’espérer lui faire croire que c’est un plaisir quand c’est une corvée pour vous, il le saura. Il s’aperçoit que dès qu’il a fait ses besoins, vous rentrez : il attendra, quitte à se retenir pour faire durer la balade. Et ainsi de suite… Il développera alors toute une série de comportements en réponse à des situations qui lui posent problème.

Vivre dans la maison

Mais où pourrait-il vivre à part à la maison avec sa famille ?

En chenil, en box comme dans la plupart des élevages, dans le garage, car « il salit et met des poils partout…». Évidemment, nous connaissons tous des situations de ce genre.

Dans ce cas, où est le plaisir d’avoir un chien ? Lui qui ne demande qu’une chose : vivre avec nous, est privé de ce qui est le plus important pour lui.

Quand on a un chien, on sait bien qu’il perdra du poil, mettra des traces de pattes lorsqu’il pleut…

Certains acheteurs cèdent à leur petit caprice, craquent devant la petite boule de poil et en perdent le sens des réalités. C’est à l’éleveur de les leur rappeler, sans rien omettre ni enjoliver.

Acquérir un chien, c’est accepter certaines contraintes et une bonne éducation remédie à de nombreux inconvénients.

Encore faut-il s’en donner la peine ! Si on manque des connaissances nécessaires, l’éleveur, les clubs, les associations, le club du chiot par exemple, sont là pour transmettre les bases. Il ne faut jamais hésiter à se faire aider.

Chaque chien est différent, a eu un parcours de vie depuis sa naissance différent, et c’est au maître de s’y adapter. Pour éduquer son chien, il doit vivre avec sa famille et pas dehors ou dans le garage.

Encore de la disponibilité

Quel intérêt d’avoir un chien si c’est pour le laisser toujours seul dans son coin ? Un animal, et le chien ne fait pas exception à la règle, peut être sujet à l’ennui si sa vie est trop monotone et manque de stimulations. Il vaut mieux s’abstenir de prendre un chien si on ne dispose pas d’un minimum de temps quand on est seul.

À moins de pouvoir l’emmener partout, au travail, par exemple. Si dans une famille, il y a des horaires variés pour chacun, c’est différent.

Un chiot qui arrive dans un nouvel univers familial a besoin d’explorer les lieux et de faire connaissance avec tout le monde, qu’on lui apprenne les interdits et manières de vivre dans ce contexte nouveau pour lui, de faire des rencontres, chez lui et en dehors…

Plus il sera stimulé, mieux il sera sociabilisé et sa tolérance au stress élevée. La période de sociabilisation commence dès la 4e semaine de la vie du chiot (même si en réalité dans le ventre de sa mère il est déjà réceptif aux émotions positives et négatives de celle-ci).

Une première partie est donc censée avoir été faite chez celui qui l’a fait naître. Quand il arrive dans sa nouvelle famille, à partir de 8 semaines ainsi que le veut la loi, il faut immédiatement l’immerger dans toutes les composantes de sa nouvelle vie.

Finalement, l’âge de départ du chiot de chez celui qui l’a fait naître dépend de sa compétence à mettre en place un cadre adéquat pour provoquer les différentes étapes de sociabilisation du chiot.

Mais de toute façon, il sera impérativement nécessaire pour la famille d’adoption de la poursuivre, de manière assidue au départ puis de l’entretenir durant toute la vie du chien.

Éduquer n’est pas dresser

Tant de rumeurs et d’idées reçues ont cours en la matière, qu’il est toujours conseillé de profiter de l’arrivée d’un nouveau compagnon pour se renseigner auprès de personnes compétentes qui ont pour finalité d’évaluer le chiot et son stade de développement et surtout d’enseigner au maître les bons comportements et les bonnes réactions.

Quand bien même aucune éducation n’est parfaite, il y a bon nombre d’erreurs à éviter.

Un grand principe est que tout fonctionne mieux avec ce que l’on appelle le « renforcement positif », à savoir marquer un bon comportement du chien par des félicitations et une caresse, plutôt que sanctionner de quelque manière que ce soit un comportement négatif.

Le chien a un fonctionnement spécifique, différent de l’humain. Il est donc indispensable d’apprendre pour communiquer avec lui et que celui-ci apprenne a communiqué avec nous, mais aussi avec les autres (humains et congénères)…

Car au final, le bonheur du maître est indissociable de celui du chien, et réciproquement.