La Corée du Sud a décidé de mettre fin à la filière de la viande de chien. Adoptée en janvier 2024, la réforme prévoit une période de transition avant l’application des interdictions centrales, le 7 février 2027. En octobre 2026, cette échéance approche, mais elle n’est donc pas encore atteinte.

L’expression « interdiction de consommer de la viande de chien » demande toutefois une précision : la loi cible la production et la commercialisation. Elle ne prévoit pas de sanction pour le simple fait d’en manger.
Calendrier, activités concernées, peines et reconversion des professionnels : voici comment s’organise cette transition.
📅 Quand l’interdiction de la viande de chien s’appliquera-t-elle en Corée du Sud ?
Le Parlement sud-coréen a adopté le texte le 9 janvier 2024. Cette décision a ouvert une période de transition de trois ans pour permettre aux professionnels de préparer l’arrêt de leur activité.
Plusieurs mesures s’appliquent cependant depuis 2024. Dès la promulgation de la loi, le 6 février, la création de nouveaux élevages destinés à l’alimentation et de nouvelles installations liées à cette filière a été interdite. Les installations supplémentaires sont également concernées.
Les professionnels devaient déclarer leur activité aux autorités locales, puis présenter un plan de fermeture ou de reconversion. Le calendrier initial fixait ces démarches respectivement au 7 mai et au 5 août 2024. Cette organisation explique pourquoi la disparition de la filière a commencé avant l’échéance de 2027 : la transition comporte déjà des obligations.
⚖️ Quelles activités seront interdites et sanctionnées ?
À compter du 7 février 2027, il sera interdit d’élever, de faire se reproduire ou d’abattre des chiens pour l’alimentation humaine. La distribution et la vente de chiens, de leur viande ou de préparations alimentaires qui en contiennent seront également interdites.
Les peines maximales prévues sont :
- Abattage pour l’alimentation : trois ans de prison ou 30 millions de wons d’amende.
- Élevage, reproduction, distribution ou vente concernés : deux ans de prison ou 20 millions de wons d’amende.
Ces plafonds ne constituent pas des peines automatiquement prononcées dans chaque affaire.
🍽️ Le consommateur pourra-t-il être puni ?
Le texte ne crée pas de sanction visant le seul fait de manger de la viande de chien. Présenter la réforme comme une peine de prison encourue par les consommateurs serait donc inexact.
Son objectif est de supprimer les activités qui alimentent ce marché. Cette distinction permet de comprendre la portée réelle de l’interdiction, malgré les formulations parfois raccourcies utilisées pour la présenter.
🐾 Pourquoi la Corée du Sud abandonne-t-elle cette pratique ?
La consommation de viande de chien en Corée du Sud a reculé avec l’évolution des habitudes et de la place des animaux de compagnie. Le bosintang, une soupe à base de viande de chien, reste associé à certains usages alimentaires, notamment estivaux, mais ne résume pas la cuisine sud-coréenne.
Dans son reportage d’août 2026 au marché de Moran, Reuters décrit une clientèle désormais surtout âgée et des établissements passés à d’autres plats. La réforme accompagne ainsi un changement social déjà engagé, porté notamment par une sensibilité accrue au bien-être animal.
Il faut donc éviter de présenter cette habitude comme commune à toute la population. Une pratique peut avoir une histoire dans un pays sans représenter les choix alimentaires de l’ensemble de ses habitants.
🧑🌾 Comment les professionnels sont-ils accompagnés ?
Fermer un élevage ou modifier une activité de restauration entraîne des dépenses et peut supprimer une source de revenus. Le dispositif prévoit donc des aides à la cessation d’activité et à la reconversion, avec des conditions d’accès.
💼 Des aides soumises à des démarches
Le décret d’application exige notamment une déclaration d’activité et un plan de sortie de la filière. Pour bénéficier du soutien à la fermeture, celle-ci doit être achevée au plus tard le 6 février 2027.
Selon les catégories de professionnels, l’accompagnement peut couvrir certains équipements, leur valeur résiduelle, le démontage d’installations ou des conseils pour cesser l’activité. Des prêts et des prestations de conseil sont également prévus pour certaines reconversions.
Les aides ne correspondent donc pas à une indemnité identique versée sans condition. Leur attribution dépend du dossier, de l’activité et du respect des règles. Le décret prévoit aussi des possibilités de réduction des subventions lorsque certaines obligations ne sont pas respectées.
🔎 Où en est la fermeture des élevages ?
Dans un bilan publié le 15 mai 2026, le ministère sud-coréen de l’Agriculture indiquait que 1 265 élevages sur 1 537, soit environ 82 %, avaient cessé leur activité. Il en restait alors 272. Ces chiffres décrivent la situation de mai, et non un décompte actualisé à octobre 2026.
Le ministère annonçait aussi des inspections dans les élevages encore ouverts et dans ceux déclarés fermés, afin de repérer d’éventuelles activités illégales. Des contrôles et un accompagnement à la reconversion complètent donc le calendrier légal.
Un taux de fermeture ne constitue toutefois pas, à lui seul, un bilan du devenir de chaque animal. Il mesure l’arrêt des exploitations recensées. Pour évaluer la transition, il faut distinguer la fermeture administrative des établissements, le respect effectif des interdictions et la protection des chiens.
Cette question du devenir des animaux invite aussi à mieux comprendre le rôle des refuges pour chiens. En France, ces structures proposent différentes façons de s’engager, de l’adoption à l’accueil temporaire auprès d’une association.
❓ FAQ sur l’interdiction de la viande de chien en Corée du Sud

🗓️ La viande de chien est-elle déjà totalement interdite en 2026 ?
Non. Certaines obligations s’appliquent depuis 2024, mais l’interdiction générale des activités de production et de commercialisation concernées prendra effet le 7 février 2027.
🥣 Peut-on aller en prison simplement pour en manger ?
La loi spéciale ne prévoit pas de peine pour le seul acte de consommation. Les sanctions concernent les activités qui approvisionnent le marché.
🐩 L’élevage de chiens de compagnie sera-t-il interdit en Corée du Sud ?
Non. Cette réforme vise l’élevage de chiens destinés à l’alimentation humaine, pas l’élevage d’animaux de compagnie.
🏪 Les restaurants concernés doivent-ils tous fermer ?
Ils doivent cesser de commercialiser les préparations concernées. Une reconversion permettant de proposer d’autres plats reste possible.
🏠 La fermeture des élevages garantit-elle l’adoption de tous les chiens ?
Non. Les chiffres de fermeture ne permettent pas de conclure que tous les animaux ont été adoptés. Ces deux indicateurs doivent être distingués. Pour les lecteurs qui souhaitent accueillir un animal, notre guide pour adopter un chien dans un refuge aide à préparer ce projet et à réfléchir aux besoins du futur compagnon.
🌱 Une transition à suivre jusqu’en 2027
L’interdiction de la viande de chien en Corée du Sud organise la disparition progressive d’une filière. Pour comprendre la réforme, trois éléments restent essentiels : son calendrier, les activités précisément visées et les moyens consacrés à la transition.
L’enjeu sera désormais de faire correspondre les obligations légales à leur application sur le terrain.
Lorsqu’un chien rejoint une famille, son accompagnement se poursuit au quotidien. Les repères de la règle des 3-3-3 après une adoption permettent de mieux comprendre cette période d’adaptation, sans imposer un calendrier identique à tous les animaux.