La dépression chez le chien

Déménagement, maladie, solitude…. les raisons qui peuvent causer la dépression chez le chien sont souvent les mêmes que celles qui touchent les humains. Toutefois, les chiens sont beaucoup plus sensibles que nous au désamour, à l’éloignement et à la peur.

Comment détecter les symptômes d’une dépression canine ?

Mettez-vous à sa place… Imaginez-vous au milieu d’individus totalement différents morphologiquement et de caractère (et donc de morale !)… Croyez-vous tenir le coup ? Tout en sachant que vous ne comprenez que très peu le langage de ces individus et que vous ne pouvez vous exprimer comme vous le souhaitez…

Par peur de défier leur logique ou même, comportement typiquement humain, de décevoir la personne supérieure de la hiérarchie : le « chef de meute »…

Pourtant, on s’attache à dire que le chien est le meilleur ami de l’homme. Pour le chien, vous n’êtes pas un ami, mais un supérieur hiérarchique. Bien que sa conception de « supérieur » soit totalement différente de la nôtre sur un point : pour le chien, ce supérieur est celui qui aime, et que l’on aime, et qui montre sa tendresse comme son mécontentement !

Chez nous, le supérieur est celui à qui nous devons obéir par respect ou logique, un point c’est tout !

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Ce qui mène vers l’anxiété

Il existe divers exemples qui mènent à l’anxiété chez le chien et il suffit de peu pour rendre un animal anxieux : coup de tonnerre, pétards, peur d’un passant, examen chez un vétérinaire, séjour dans un refuge, isolement, retour de vacances…

Les chiens réagissent à ce stress par différents moyens : fuite, tremblement, ongles rongés, tourne en rond, se fige, regard inquiet, attaque, se raidit, grognement, marquage d’urine, vidage des glandes anales, morsure, aboiement, hurlement, destruction, souillures, refus de nourriture, tristesse…

Ces exemples montrent une réaction à un stress et à un environnement perturbant pour le chien. Certains changeront de comportements, d’autres présenteront des problèmes physiques. Ces chiens-là souffrent de craintes, de peur, d’anxiété, de phobies…

La crainte

Un chien qui réagit par crainte adopte une réaction émotionnelle modérée et une réaction comportementale adaptative et efficace : fuite, évitement, intimidation… En fait, le chien craintif fuit et évite les stimuli qui le rendent ou l’ont déjà rendu nerveux et qu’il croit être dangereux.

L’échappement lui permet de conserver un certain équilibre émotionnel. Sa réaction est donc efficace et lui évite une souffrance psychique. Il n’y a donc aucune séquelle à ce genre de réaction.

Malgré que le chien se bloque contre ces stimuli, cela n’influence pas ses facultés d’apprentissage. Ce stimulus peut être de différente nature : bruit, personne, voiture, chat, etc.

La peur

Suite à une situation de détresse (agression sans la possibilité de réaction comportementale efficace), le chien présente une réaction organique et, soit une inhibition accompagnée d’activités substitutives, soit une réaction critique (agressivité par peur).

Étant donné que le chien ne sait pas échapper à cette agression, il choisira d’autres réactions comportementales :

  • Inhibition : le chien fait le mort… Il adopte une posture de soumission. Une inhibition, par peur peut-être, telle que le chien acceptera sans contrainte les positions auxquelles on le force (catalepsie). Certains cas peuvent devenir graves au point de simuler réellement une paralysie ou une perte de sensibilité lors de l’étude des réflexes neurologiques.
  • L’inhibition motrice s’accompagne, elle, d’autres comportements : prise d’aliments, d’eau, toilette du poil… Ceci peut provoquer des anorexies, des adipsies (arrêt de boire) et l’absence du comportement de toilette qui conduit à des problèmes dermatologiques.
  • Activités substitutives (ou de déplacements): elles apparaissent lors de conflit, de stress ou de frustration. Les plus fréquentes sont : la polyphagie (augmentation de l’appétit) conduisant à l’obésité, la polydipsie (augmentation de la soif) ou potomanie et les lésions cutanées lors de léchages exagérés avec rongement des ongles (onychophagie) et léchage du pelage (trichotillomanie). Grâce à ses activités, le chien « déplace, redirige » le problème, ce qui lui évite de souffrir.
  • L’agressivité par peur : c’est le cas du chien qui ne peut pas fuir devant une agression réelle ou imaginaire. Dans ce cas, le problème est d’ordre psychiatrique.
  • Phobie : c’est une réaction de peur face à un stimulus qui n’est pas en elle-même une agression. Dans le développement des phobies, un des grands responsables est le manque de sociabilisation et d’habituation sensorielle du chien lors de la période critique de 3 semaines à 3 mois. L’autre élément responsable est l’apprentissage à partir d’un stress initial. La phobie s’accompagne de toutes les réactions comportementales et physiques de la peur.

Les anxiétés les plus courantes

Les peurs et phobie du bruit (orage, feux d’artifice, pétard, coups de feu…)

Le chien réagira de différentes façons : aboiements, fuite vers un endroit où le bruit s’entend moins…

La technique thérapeutique conseillée est une désensibilisation, il existe deux méthodes :

  1. On habitue le chien à des bruits d’intensité croissante (grâce à un magnétophone par exemple) et pendant qu’il prête une attention particulière à autre chose que ce bruit : repas, jeu, etc. Dès que le chien réagit par peur, on diminue le son et augmente progressivement jusqu’à ce que le son soit d’intensité égale au stimulus.
  2. On diminue la sensibilité acoustique du chien par des médicaments spécifiques. On réduit les doses jusqu’à ce que le chien ne présente plus aucune peur au bruit stressant.

Anorexie mentale ou psychogène

Elle est souvent due au retour de vacances et de cette perte d’un climat réjouissant ou des changements dans la famille (décès, naissance). Elle s’apparente à une dépression réactionnelle. Inhibition de la locomotion et de l’appétit (anorexie), il existe parfois d’autres réactions comme le léchage des pattes et le rongement des ongles.

Anxiété de déritualisation

Un chien s’accoutume à un certain climat, celui de son maître. Ici, nous parlons d’évènements bien précis : comme le placement dans une SPA ou le changement de maître. Il peut se développer (en fait, dans les 2/3 des cas, ce qui est relativement élevé) une anxiété intermittente avec le plus souvent une agressivité par peur, l’anxiété s’accompagnant d’inhibition. Il faut donc, ici, tenter de récupérer les anciens rituels ou d’en installer de nouveaux.

Dépression chez le chien : Les signes qui ne trompent pas

Un changement dans sa vie ?

Il est important de distinguer la déprime de la dépression. À la suite d’un déménagement ou à l’arrivée d’un nouvel occupant, les habitudes du chien peuvent varier. Il n’est pas nécessaire de s’affoler, dans peu de temps il aura retrouvé ses repères. Vous pouvez l’y aider en utilisant la même gamelle ou en ressortant ses jouets préférés. Si le phénomène perdure plus de quinze jours, alors les risques que ce soit une dépression sont bien réels.

Il ne mange plus ?

Il y a les symptômes évidents comme l’inappétence (la perte d’appétit) ou l’atonie (envie de rien). Si votre chien ne mange plus, vérifiez que ce n’est pas le menu qui pose problème. Dans ce cas, proposez-lui un autre type d’aliments, mais soyez vigilant, car la perte d’appétit qui dure a toujours une signification sérieuse, sans oublier qu’elle peut être le signe d’une anorexie mentale, pas si rare chez les chiens.

Il reste toute la journée dans son panier ?

Trop de sommeil ou peu de sommeil peut être un signe de dépression si ça dure dans le temps. Un trouble de sommeil passager n’a rien de grave. On peut y remédier par de longues balades dans la nature. Le chien peut aussi beaucoup dormir à la suite d’une visite traumatisante chez le vétérinaire, attendez quelques jours voir si les choses s’améliorent.

Il refuse de jouer ?

Avant, il réagissait au quart de tour à la vision de sa peluche préférée ou du ballon. Aujourd’hui il ne lève même pas les yeux ou détourne carrément la tête. C’est un signe très important. Un chien qui ne recherche plus le plaisir, ni dans la nourriture ni dans le jeu, peut être atteint de dépression.

Les signes de stress chez le chien

Les chiens manifestent différents signes de stress, en fonction du chien lui-même et de la situation source de stress. Les signes habituels de stress qu’un chien peut manifester sont les suivants :

Aboiements

Il est normal qu’un chien aboie pour diverses raisons ; toutefois des aboiements excessifs peuvent être dus au confinement, à la frustration ou au manque d’exercices. À l’évidence, il est préférable de traiter le mal en offrant au chien davantage d’espace, d’attentions, d’exercices et de jouets pour l’occuper.

Tremblements/Agitation/Frissons

Si le chien n’est pas mouillé ou n’a pas froid et s’il tremble, est agité ou frissonne, cet état est plus que probablement lié au stress. Les situations où un tel comportement se produit souvent sont les voyages, le séjour au chenil, les premières nuits des chiots et les feux d’artifice (normalement en se cachant).

Bave

En l’absence de nourriture (ou dans l’attente de celle-ci) ou d’une blessure à la gueule, la bave indique un stress. Le chien bave en général lorsqu’il voyage en voiture, mais cela peut se produire également à d’autres moments.

Le chien se cache

Les chiens sont des animaux sociaux qui apprécient la compagnie. Si le chien commence à se cacher, ce peut être pour fuir une situation stressante ou des bruits forts tels que des feux d’artifice.

Léchage excessif

Le fait qu’un chien se lèche ou fasse sa toilette de façon excessive est souvent lié à l’ennui et/ou à des problèmes comportementaux dus au stress. Il peut en résulter une blessure ainsi qu’une inflammation de la peau de votre chien. Souvent, lorsqu’un léchage devient excessif, votre chien se grattera dans la même zone et, en cas de situation sévère, il commencera également à se mordre.

Il est important de rendre visite au vétérinaire au plus vite pour gérer tout problème de peau qui pourrait survenir.

Si l’ennui en est la cause, des jouets pour chien peuvent aider à réduire le stress.

Grattage

Un grattage excessif chez le chien est souvent lié à l’ennui et/ou à des problèmes comportementaux dus au stress. Il peut en résulter une blessure ainsi qu’une inflammation de la peau de votre chien.

Souvent, un grattage est lié à un léchage excessif et, en cas de situation sévère, il commencera également à se mordre.

Il est important de rendre visite au vétérinaire au plus vite pour gérer tout problème de peau qui pourrait survenir.