Traitement du ligament croisé crânial chez le chien

Quelle est l’intervention chirurgicale la plus adaptée pour réparer la déchirure du ligament croisé crânial de votre chien ?

un chien qui aime les caresses

Voici les facteurs à prendre en compte dans votre décision.

Lorsque votre chien arrive en boitant après une séance de jeu, de nombreuses pensées vous traversent l’esprit. Faut-il aller chez le vétérinaire ? Que puis-je lui donner pour l’aider ? Comment est-ce arrivé ?

Les 4 possibilités les plus courantes pour traiter les ligaments croisés des chiens

Les solutions les plus courantes discutées après le diagnostic d’une déchirure du ligament croisé sont les suivantes :

  • Attelles
  • Suture latérale
  • Ostéotomie de nivellement du plateau tibial (chirurgie TPLO)
  • Avancement de la tubérosité tibiale (chirurgie TTA)

Il existe d’autres procédures, mais ce n’est pas pour rien que ce sont les quatre traitements les plus couramment proposés.

Attelles pour les lésions ligamentaires

L’attelle du genou n’est pas une mince affaire. Il s’agit d’une articulation incroyablement dynamique qui fournit un ressort, absorbe les chocs et peut se retourner en un clin d’œil.

La clé d’une attelle est la stabilité et l’ajustement. Les attelles pour une déchirure du croisé peuvent coûter 1 000 euros ou plus. Il existe des attelles bon marché, mais les bonnes affaires ne sont pas une bonne idée lorsqu’il s’agit du confort de votre chien tout au long de sa vie.

Idéalement, une genouillère est adaptée à votre chien, parfois à l’aide d’un moulage de son articulation. Cela permet d’assurer un bon ajustement et une flexibilité appropriée. N’oubliez pas que le genou doit toujours se plier pour être utile !

Une orthèse ne peut pas assurer une stabilité totale, mais elle peut atténuer la douleur causée par une articulation qui bouge mal. Il est important de se rappeler qu’une attelle ne répare pas une déchirure du croisé, elle aide simplement à stabiliser le genou. Le succès dépend du choix de l’orthèse, d’un bon programme de kinésithérapie et de l’engagement de l’animal à se réadapter si nécessaire.

La procédure de suture latérale

La procédure de suture latérale (également connue sous le nom de réparation extracapsulaire) est celle qui se rapproche le plus de la réparation effectuée chez l’homme. Cela n’en fait pas pour autant le meilleur choix.

Il s’agit de l’une des premières interventions chirurgicales mises au point lorsqu’il a été établi que la réparation directe du ligament n’était pas une bonne solution.

Dans cette procédure, une suture de gros calibre est placée à l’extérieur de l’articulation du genou dans la même direction que le ligament croisé crânial. Un trou est percé à l’avant du tibia (l’os de la jambe). La suture passe par ce trou, puis remonte et contourne un petit os, appelé fabella, derrière le fémur (l’os de la jambe supérieure).

Cela crée une boucle dont l’emplacement et la direction sont similaires à ceux du ligament croisé crânial, mais en dehors de l’articulation. Il s’agit là d’une distinction importante.

Comme cette opération n’implique pas l’ouverture de l’articulation, le ménisque (le coussin de cartilage qui absorbe les chocs dans une articulation) n’est pas toujours examiné pour détecter d’éventuelles déchirures. La plupart des chirurgiens estiment qu’une déchirure du ménisque peut provoquer une douleur persistante.

En fin de compte, l’objectif de cette intervention n’est pas de réparer le ligament croisé, mais plutôt de diriger la croissance du tissu cicatriciel.

En fait, la suture sert d’échafaudage au tissu cicatriciel qui se forme sur le même trajet que le ligament croisé déchiré, stabilisant ainsi l’articulation.

Avec le temps, cette suture se dégrade. Elle n’est pas censée durer éternellement, mais juste assez longtemps pour que suffisamment de tissu cicatriciel se forme. Cette intervention est rapide, relativement peu coûteuse (entre 1 500 et 2 000 euros) par rapport à d’autres interventions chirurgicales et peut souvent être pratiquée par votre vétérinaire habituel.

Cependant, elle n’est pas adaptée à tous les cas. Si la suture se rompt avant qu’un tissu cicatriciel suffisant ne se soit formé pour stabiliser l’articulation, l’ensemble de l’intervention chirurgicale devient inefficace.

Si le chien est trop grand ou trop actif, l’échec est presque garanti. La plupart des vétérinaires recommandent cette opération uniquement pour les chiens pesant moins de 20 kilos ou pour les chiens qui se contentent d’être des bonnes pâtes.

Cela dit, les finances sont un élément important de toute décision vétérinaire, et il s’agit sans aucun doute de l’option chirurgicale la moins coûteuse.

Chirurgie TPLO et TTA

L’ostéotomie de nivellement du plateau tibial (TPLO) et l’avancement de la tubérosité tibiale (TTA) visent tous deux à modifier mécaniquement l’articulation afin de rendre le ligament croisé crânial inutile.

Dans les deux cas, le chirurgien doit ouvrir l’articulation afin d’évaluer les déchirures du ménisque. Il s’agit d’opérations quelque peu compliquées qui impliquent une compréhension complexe de l’articulation du genou, mais nous en aborderons les bases.

Il existe des différences dans la structure de l’articulation du grasset canin (le genou) et le genou humain. L’inclinaison du tibia est l’un des principaux facteurs contribuant à cette blessure.

Dans la chirurgie TPLO, cette inclinaison n’est pas prise en compte. Une coupe circulaire est pratiquée dans la partie supérieure du tibia et la pente est tournée en position neutre. Une plaque est utilisée pour fixer l’os dans sa nouvelle position. On obtient ainsi une articulation du genou qui ressemble beaucoup à l’articulation du genou humain.

Sans cette inclinaison, le ligament croisé crânial n’est plus aussi important ; le genou est stable sans lui. Cette opération n’est généralement pratiquée que par des chirurgiens spécialisés et coûte environ 4 000 euros. C’est l’intervention qui permet le retour le plus rapide à une activité normale, ce qui signifie que les chiens qui bénéficient de cette intervention peuvent retrouver une vie confortable plus rapidement qu’avec n’importe quelle autre intervention.

Cependant, elle n’est pas sans inconvénient. Outre le coût, il existe un risque d’échec. Lorsqu’un chien est trop actif immédiatement après l’opération, la plaque peut se casser ou se déplacer. La rupture de la plaque peut être catastrophique. La convalescence est un processus de huit semaines, comprenant d’abord le repos en cage, puis la kinésithérapie, et une reprise progressive de la marche.

Tout comme la TPLO, la TTA modifie les forces dans l’articulation du genou afin de rendre inutile le ligament croisé crânial.

Dans ce cas, une incision est pratiquée à l’avant du tibia. Cette pièce osseuse est déplacée vers l’avant, ce qui tire sur le tendon rotulien et neutralise le mouvement vers l’arrière du fémur lors de la mise en charge. Cela permet au chien de se déplacer confortablement sans que le ligament croisé soit intact.

Dans ce cas, un dispositif spécialisé composé d’une « cage » et d’une « fourchette » est utilisé pour fixer l’os dans sa nouvelle position. Avec le temps, la cicatrisation est complète et la stabilité très bonne. En cas d’échec, une intervention TPLO peut encore être réalisée.

Le temps de récupération pour ces deux opérations est similaire, mais les chiens ont généralement besoin d’un peu plus de temps pour se sentir parfaitement à l’aise après l’opération TTA. Le coût est légèrement inférieur à celui d’une TPLO, mais il s’agit également d’une intervention coûteuse, généralement comprise entre 3 000 et 3 500 euros. Elle n’est généralement pratiquée que par des chirurgiens spécialisés, mais certains vétérinaires généralistes sont à l’aise avec cette technique et disposent de l’équipement nécessaire.

N’ayez pas recours à l’automédication

Lorsque votre chien se blesse, vous pouvez être tenté de chercher dans l’armoire à pharmacie quelque chose pour soulager sa douleur.

Mais il existe très peu de médicaments humains en vente libre que vous pouvez donner à votre chien en toute sécurité. Il y a de nombreuses années, nous utilisions l’aspirine pour soulager la douleur chez les chiens. Cependant, des études ont montré que le contrôle de la douleur offert par l’aspirine est assez minime et qu’elle a des effets secondaires graves.

L’aspirine augmente les risques de saignement en inhibant les plaquettes, un élément clé de la coagulation du sang. L’utilisation de l’aspirine limite également les possibilités dont dispose votre vétérinaire pour traiter la douleur de votre chien en raison de son interaction avec d’autres médicaments.

  • L’ibuprofène ne doit jamais être administré aux chiens, car il peut provoquer des lésions hépatiques irréversibles, voire mortelles.
  • Le Tylenol (acétaminophène) a sa place en médecine vétérinaire, mais uniquement sous la supervision d’un vétérinaire, car, dans le cas de certaines maladies, il peut être très dangereux.

Si votre chien souffre, résistez à l’envie de lui donner un analgésique humain. Votre vétérinaire dispose d’un arsenal de médicaments sans danger pour les chiens et bien plus efficaces que ceux dont vous disposez à la maison.

Conclusions sur le traitement des lésions ligamentaires

Encore une fois, il n’existe pas de solution parfaite. Chaque possibilité est valable pour une circonstance différente. L’important est de trouver la solution qui convient le mieux à votre chien.

Les chiens plus âgés, plus petits et moins actifs s’en sortent souvent très bien avec une réparation par suture latérale !

Un Labrador de deux ans dont les hanches sont en mauvais état a besoin d’un peu plus de stabilité au niveau du genou, et une réparation par plaque (TPLO ou TTA) est alors une meilleure option.

Votre lieu de résidence peut faire pencher la balance ; la plupart des chirurgiens apprennent une procédure et s’y tiennent, il se peut donc que les deux procédures ne soient pas proposées près de chez vous. Les deux procédures ont des taux de réussite similaires et sont toutes deux recommandées pour les chiens plus grands et plus actifs.

L’attelle et ce que l’on appelle souvent la « prise en charge conservatrice » n’ont tout simplement pas autant de succès que les options chirurgicales, mais lorsque la chirurgie n’est pas envisageable, c’est toujours mieux que rien.

Avec le temps, la boiterie due à une déchirure du croisé s’améliore sans aucune intervention. Du tissu cicatriciel se forme et l’articulation est utilisable, mais l’arthrite qui se développe limite la qualité de vie du chien. Il ne s’agit pas d’une blessure urgente, mais plus tôt elle sera traitée, moins il y aura d’arthrite et meilleur sera le résultat à long terme.

Au risque d’avoir l’air d’un disque rayé, parlez-en à votre vétérinaire ! Parlez-lui franchement de vos contraintes financières, de vos préoccupations en matière de rétablissement et de vos objectifs à long terme, afin que vous puissiez élaborer un plan adapté à votre situation et à celle de votre compagnon à quatre pattes.