Une bonne hygiène pour une bonne santé

Puces, mauvaise haleine, vers… Nos animaux de compagnie, aussi propres soient-ils, ne sont pas à l’abri de ces désagréments. Pour leur bien-être et le vôtre, ne tardez pas à agir !

un chien en promenade

Compte tenu du fait que nous partageons un certain nombre de maladies infectieuses avec nos animaux — les zoonoses —, il ne faut pas attendre que ces derniers tombent malades pour réagir. Autant prendre les devants et limiter les risques.

Poils et fourrure

Les problèmes les plus souvent rencontrés

Les puces sont non seulement une plaie récurrente pour nos chiens et chats, mais également pour notre habitat. En cas de forte invasion, il n’est pas rare de se faire piquer. Autre désagrément : la teigne, qui désigne une maladie de la peau provoquée par un champignon transmissible à l’homme.

Quels sont les risques ?

En cas de présence de puces, les animaux se grattent et les plaies qui en résultent peuvent s’infecter. Or les bactéries en cause exposent également l’être humain à des risques d’infection. Par ailleurs, certains animaux développent une sensibilité à la salive des puces. Dans ce cas, il suffit qu’ils se fassent piquer une seule et unique fois de plus pour que se déclenche chez eux une dermatite allergique aux piqûres de puces qui se traduit par un eczéma généralisé. Ce n’est pas contagieux pour l’homme, mais l’animal concerné a bien du mal à s’en débarrasser.

Et s’il est compliqué de venir à bout des puces, il est encore plus difficile de se défaire d’une teigne, car les spores de ce champignon survivent en extérieur, même après la guérison de l’animal.

Certains sont en outre des porteurs sains, en apparence indemnes, ce qui rend le diagnostic d’autant plus délicat à établir.

Une perte de cheveux par plaques est un signe révélateur que la maladie est installée dans votre foyer. Des traitements antifongiques soignent l’humain comme l’animal, mais ils sont souvent longs (entre quatre et six semaines) et contraignants.

Comment lui assurer une bonne hygiène ?

Il existe de nombreux produits préventifs contre les puces. S’il est déjà trop tard, il faut agir sur tous les fronts.

Au niveau de sa fourrure, aidez-vous d’un peigne anti-puces pour recueillir un maximum d’indésirables (plongez-le dans un seau rempli d’eau chaude et de vinaigre avant chaque passage sur le poil). Puis, appliquez un produit adapté à votre animal pour tuer les pures et leur progéniture.

Prévoyez un gros nettoyage de votre lieu de vie et veillez à jeter le sac de l’aspirateur dans la foulée. Vous pouvez aussi saupoudrer le sol (litière comprise) avec de la terre de diatomée alimentaire (donc non toxique) de bonne qualité, car ses éclats de silice transpercent les puces et les larves. En cas d’infestation de puces, nettoyez votre domicile en profondeur.

Si rien n’y fait, recourez aux foggers à base de pyréthrinoïdes de synthèse pour éliminer les larves de puces cachées derrière les plinthes et les meubles. Attention cependant, ni humains ni animaux ne doivent rester sur place pendant le traitement (trop toxique). À votre retour, aérez pendant plusieurs heures.

Astuce : frictionnez votre chien ou votre chat une fois par jour avec de l’hydrolat de lavande, qui aide à prévenir l’infestation de puces.

Dents, yeux et oreilles

Les problèmes les plus souvent rencontrés

Chiens et chats peuvent avoir des yeux larmoyants, trop de poils à l’entrée des oreilles (au risque de favoriser la macération et les otites) et une mauvaise haleine, signifiant la présence de tartre.

Quels sont les risques ?

En cas d’infection (des yeux, des oreilles, des dents), votre animal en souffre et peut aussi vous transmettre des bactéries. Le risque est réel en cas de contact avec une plaie sur votre peau.

Comment lui une bonne hygiène ?

Pour éviter les infections oculaires locales, lavez et savonnez vos mains avant de nettoyer, à l’aide d’une compresse imbibée de sérum physiologique, l’œil (ou les yeux) de votre animal. Partez de l’angle interne de l’œil vers l’extérieur, puis changez de compresse avant de passer à l’autre œil. Ce geste est à faire tous les jours chez les animaux à face plate et, selon les besoins (en cas d’œil sale), chez ceux à long museau.

Pour les chiens à oreilles tombantes ou ayant une forte pilosité à l’entrée du conduit auditif, il est fortement conseillé de leur nettoyer les oreilles toutes les semaines (une fois par mois suffit chez les autres). Un nettoyant auriculaire spécifique pour chien, en vente en pharmacie ou chez le vétérinaire, fait l’affaire : instillez simplement quelques gouttes du produit, massez l’extérieur de l’oreille avec votre main, puis essuyez l’excédent avec une compresse si besoin.

Côté hygiène buccale, optez pour des croquettes abrasives, des patchs aux enzymes, des produits à mâcher et autres brosses à dents et dentifrices pour chiens, qui ont pour vocation de prévenir la formation de tartre. Il est recommandé de brosser les dents de votre chien une fois par semaine. Si votre animal présente un tartre bien installé, consultez votre vétérinaire.

Astuce : si votre chien a une mauvaise haleine due au tartre, appliquez de l’eau florale de sauge sur sa brosse à dents. Pour les chats, il existe des poudres dentaires à base d’algues brunes à saupoudrer sur ses aliments.

Pattes et coussinets

Les problèmes les plus souvent rencontrés

Chiens et chats ne se limitent pas à nos intérieurs. Ils peuvent ramener de leurs sorties de la terre, de la boue, du sable et, ce qui est plus gênant, des microbes, s’ils ont marché sur des déjections.

Quels sont les risques ?

Toute la maison risque d’être contaminée, y compris lits, canapés, etc. s’ils y ont accès. Les scientifiques ont longtemps cru que les germes ne survivaient pas dans l’environnement, mais des études ont prouvé que certains, pas si anodins, persistaient dans des endroits aussi inattendus que les billets de banque (et donc les papiers), les claviers, etc.

Il en va de même pour certains parasites. Sont-ils dangereux pour notre santé et la leur ? Si le risque est très faible, voire nul, il peut exister chez une personne vulnérable (bébé, personne âgée ou à l’immunité déficiente en raison d’une maladie ou d’un traitement).

Comment lui une bonne hygiène ?

Avant de partir en balade, déposez dans l’entrée de votre domicile une bassine d’eau tiède et une serviette, qui vous permettront de nettoyer les pattes de votre chien à votre retour.

Moins écologiques, mais pratiques à l’extérieur, les lingettes spécialement adaptées à la peau de l’animal, en vente dans les magasins.

Vous pouvez également recourir à des chaussons en caoutchouc pour la promenade, mais tous les chiens ne les acceptent pas et les chats, encore moins.

Un bain (ou une douche) est utile au moins tous les deux mois (ou tout de suite s’il s’est roulé dans du crottin ou s’est baigné). Utilisez un shampooing adapté à la race de votre chien. Après avoir mouillé le poil à l’aide d’un gant, shampooinez-le et rincez-le abondamment. Démêlez et brossez sa fourrure, puis séchez-la avec une serviette. Passez un dernier coup de brosse en ajoutant du démêlant si votre chien a les poils longs, et le tour est joué.

Astuce : pour aider un animal un peu stressé à se calmer pendant le bain, le mieux est encore de l’avoir habitué jeune. Vous pouvez également verser dans l’évier un bouchon (deux dans le bain) d’une infusion de valériane. Pour la préparer, comptez deux litres d’eau pour 100 grammes de racine de valériane, portés à ébullition et filtrés au bout de dix minutes.

Intestin

Les problèmes les plus souvent rencontrés

Difficile d’échapper aux parasites internes (vers intestinaux) sans vermifuge. Chiens et chats peuvent être touchés, même sans sortir de chez eux. Le risque est accru chez les animaux qui mangent de la viande crue ou de petites proies ou ceux infestés de puces. Cependant, un chien qui se frotte l’anus sur le sol ou se lèche de façon intempestive n’a pas toujours un problème de vers : il peut s’agir de rétention du liquide produit par les glandes anales, surtout s’il est âgé.

Quels sont les risques ?

Certains vers digestifs du chien ou du chat sont transmissibles à l’homme. C’est le cas, parmi les vers plats, de divers ténias portés par les chiens, dont fait partie l’échinocoque. Or ce ver peut détruire un foie humain ! Bien que rare, la gravité potentielle de cette parasitose justifie l’éradication de ces vers par l’administration d’un vermifuge.

Comment lui assurer une bonne hygiène ?

Selon l’âge, l’espèce de votre animal, son état de santé et son mode de vie, vermifugez à une fréquence adaptée — toutes les deux semaines jusqu’à l’âge de 3 mois, une fois par mois jusqu’à 6 mois, tous les trimestres ou davantage après 6 mois — pour lutter à la fois contre les vers plats (dont l’échinocoque) et les vers ronds, mais aussi contre les formes adultes présentes dans l’intestin des chiens et les larves qui peuvent survivre des mois dans la terre.

Si plusieurs animaux vivent sous le même toit, tous doivent être vermifuges en même temps, en prenant soin de choisir un produit adapté à chacun (un vermifuge pour chien peut tuer un chat).

Vermifuge ou non, un vieux chien n’est pas à l’abri de glandes anales engorgées. Pour les vider, préparez des feuilles de papier absorbant, enfilez des gants de protection, puis pressez avec le pouce et l’index de part et d’autre de l’anus. Recueillez le liquide avec le papier (attention, l’odeur est horriblement tenace). Passez la main à un vétérinaire si vous constatez que la glande est tuméfiée et que votre animal a de la fièvre, car ces deux symptômes annoncent un abcès.

Astuce : une petite récompense après un soin est un bon moyen de donner envie à votre animal de recommencer le lendemain.

Quels sont les vaccins pour éviter les zoonoses les plus fréquentes ?

En plus des vaccins utilisés pour protéger nos animaux de compagnie des maladies infectieuses – au minimum, maladie de Carré, hépatite contagieuse canine, parvovirose pour les chiens, coryza infectieux félin, panleucopénie infectieuse pour les chats – d’autres vaccins sont recommandés pour immuniser aussi leurs propriétaires.

Par exemple, un chien qui se baigne dans les mares et les étangs doit ‘être vacciné contre la leptospirose. Due à une bactérie présente dans l’urine de rongeurs infectés qui se retrouve dans l’eau, cette maladie provoque un abattement et de la fièvre : c’est une urgence vétérinaire. Chez l’homme, elle prend d’abord l’aspect d’une grippe, puis d’une méningite.

Quant à la rage, elle refait parler d’elle tous les ans en raison de l’importation illégale d’animaux non vaccinés sur notre territoire. Vacciner son chien ou chat contre cette affection exceptionnelle, mais mortelle, est donc recommandé. En effet, l’animal enragé finit prostré, paralysé ou présente des accès de folie furieuse avant de mourir. Il contamine l’homme par morsure ou léchage au niveau d’une plaie, provoquant une encéphalite mortelle.