La grossesse nerveuse chez une chienne est un problème physique et comportemental assez fréquent, puisque 50 à 75 % des chiennes y sont sujettes au moins une fois dans leur vie.

Même si elle n’a aucune incidence sur la santé physique de la chienne, la grossesse nerveuse peut être assez pénible pour elle et pour son maître.

Après la période des chaleurs, si la chienne a été saillie, sa sexualité est au repos, et la gestation commence tranquillement, généralement sans encombre. Si la chienne n’a par contre pas été saillie, elle doit connaître une période de repos sexuel jusqu’aux prochaines chaleurs.

Lorsque la chienne fait une grossesse nerveuse, elle n’est pas en gestation, mais ne connaît pas le repos qui devrait suivre les chaleurs : elle se comporte comme si elle était gestante, et son corps suit son mental, ce qui signifie qu’elle a les symptômes de la grossesse sans être « pleine ».

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Quand ?

La grossesse nerveuse se manifeste généralement deux mois après les chaleurs. La chienne va reproduire les mêmes symptômes que si elle allait mettre bas. Quelques jours plus tard (entre 8 et 21 jours), tout rentre dans l’ordre. Cette maladie touche uniquement les chiennes non stérilisées.

Comment ?

L’animal atteint par la grossesse nerveuse, également nommée pseudo-gestation ou lactation nerveuse, va présenter différents symptômes qui peuvent être plus ou moins nets :

Les modifications du comportement

La chienne prend certains objets pour les materner, est agitée et souffre de troubles de l’appétit. La chienne se met alors à produire les œstrogènes et la progestérone comme si elle attendait des petits, ce qui va entraîner l’apparition de troubles comportementaux divers :
la chienne s’isole, fait son nid, ne bouge pratiquement plus, et mange beaucoup moins.

Elle passe son temps à se lécher les mamelles et la vulve, devient nerveuse et irritable, voire agressive, et peut accaparer des objets tels que des ours en peluches, pantoufles, jouets… qu’elle traite comme s’ils étaient des chiots.

La louve « nourrice »

La grossesse nerveuse est liée à un comportement de défense et de survie des ancêtres de l’espèce canine. Chez les loups, notamment, seule la femelle chef de meute, c’est-à-dire la femelle alpha s’accouple.

Après la mise bas, ce sont les autres femelles adultes qui s’occupent de la portée et qui allaitent les louveteaux pour permettre à la mère de continuer à guider la bande lors de la chasse. La grossesse nerveuse a donc une signification comportementale.

Ce comportement, bien qu’il n’ait pas de signification fonctionnelle, a été conservé par la chienne domestique et survient occasionnellement. C’est pour cette raison que nous ne pouvons pas considérer la grossesse nerveuse comme une pathologie, mais comme quelque chose de pénible qui dérange les propriétaires.

Toutefois, il ne faut pas sous-évaluer le trouble émotionnel de l’animal qui souffre d’une angoisse profonde en raison de cette pulsion maternelle insatisfaite.

Les modifications physiologiques

Dans les faits, la chienne fait une montée de lait comme s’il y avait des petits à nourrir, car il y a augmentation de prolactine, l’hormone qui en déclenche la sécrétion. La femelle produit alors un liquide blanchâtre à marron ressemblant au lait, parfois en grande quantité.

La chienne peut avoir des contractions comme si un vrai travail commençait, et des écoulements vulvaires se produisent dans le même temps. Des léchages intempestifs de la vulve et des mamelles peuvent être présents.

Les risques

La grossesse nerveuse doit être prise au sérieux, car l’accumulation de lait dans les mamelles et les troubles du comportement peuvent mettre en danger la santé de votre chienne : anorexie, irritations dues aux léchages ou même infection des mamelles (mastite ou néoplasie mammaire).

Il est donc nécessaire de consulter le vétérinaire, qui donnera à la chienne le traitement pour stopper le problème. Avant tout traitement, il faut s’assurer formellement qu’il n’y a pas de gestation réelle en cours.

Ce traitement repose sur plusieurs principes :

Traitement hygiénique

Il convient de confisquer tous les objets et de mettre à la diète la chienne pour créer un choc physiologique.

Traitement médical

Un traitement hormonal par voie orale, prescrit par votre vétérinaire, et, éventuellement, un traitement local permettent de tarir rapidement la lactation de votre chienne.

Comment réagir ?

Si les symptômes de la grossesse nerveuse ne sont pas manifestes, n’adoptez aucune mesure. Elle disparaîtra spontanément au bout d’une à trois semaines.

Dans le cas contraire, enlevez tous les objets que la chienne a adoptés ; si elle devenait toutefois trop anxieuse, vous pouvez lui laisser quelque chose pendant les premiers jours seulement.

Il est très important de distraire la chienne avec de longues promenades dans la campagne, ou de l’amuser avec son jouet préféré. Le but est de l’éloigner du nid qu’elle s’est construit et de ses chiots imaginaires.

Si elle recherche des caresses et devient désagréable, conservez une attitude détachée et distante, en l’éloignant brutalement.

Limitez sa ration d’eau et administrez-lui un laxatif ou un diurétique (sous contrôle vétérinaire) afin de diminuer la congestion des mamelles. Ne les massez pas avec des compresses chaudes ou froides, car elles stimulent la sécrétion de lait et, si la chienne les lèche
avec insistance, mettez-lui une collerette.

En cas de récidives fréquentes, il peut être nécessaire d’envisager la stérilisation de votre chienne afin de supprimer les stimulations hormonales qui provoquent ces grossesses nerveuses récurrentes.